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Croire et oser « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne nous engageons pas, c'est parce que nous ne nous engageons pas qu'elles sont difficiles ! »
(SÉNÈQUE, Lettre morale à Lucilius n°104)

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XXIe siècle — un essai en deux volumes
Né en 1950, l'auteur a vécu toute la Ve République et les dérèglements progressifs qui ont suivi les Trente Glorieuses. Portant le regard d'un ingénieur sur la société qui l'entoure, il dresse dans ce diptyque un diagnostic sans concession de l'effondrement sociétal, puis trace les chemins concrets de ce qu'il appelle la « Révolution de l'Intelligence » — calme, mesurée, à portée de tous.
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Pour les visiteurs qui souhaitent en savoir plus : l'auteur développe sa démarche, ses sources et ses propositions.
Dès les toutes premières lignes du roman, le décor est planté, avec l'annonce de la devise de l'État Mondial et de la pensée qui trame toute l'histoire :
« Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement.
Au-dessus de l'entrée principale, les mots :
CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT
DE LONDRES-CENTRAL
et, dans un écusson, la devise de l'État Mondial :
COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ. »
Conçue comme une trilogie de valeurs, cette « devise planétaire », faite de « mots grandioses » selon les propos mêmes du « D.I.C. » au groupe d'étudiants qu'il accueille, est une évidente allusion à celle de la République Française, patrie des droits de l'homme. Aldous HUXLEY ne voyant évidemment pas le « Meilleur des Mondes » comme un monde idéal, qu'il identifie plutôt à l'idéal des Révolutionnaires français de 1789, subtil continuum entre l'individuel et le général, consubstantiels et complémentaires, il pastiche ironiquement la devise créée par ceux-ci, dans une volonté de dérision à l'égard du monde absurde qu'il met en situation.
De ce fait, il est intéressant de rapprocher deux par deux les termes des deux devises, car ils se mirent l'un dans l'autre en s'opposant.
LIBERTÉ, qui postule l'unicité et l'autodétermination de chaque personne, est devenu COMMUNAUTÉ, qui postule qu'il n'y a pas de place pour l'individualité, donc pour une quelconque vie personnelle, et que tout le monde appartient à la collectivité :
« Dès que l'individu ressent, la communauté est sur un sol glissant ! »
ÉGALITÉ, qui postule la cohésion et l'équilibre de singularités réelles en une véritable société, exempte de privilèges et de discriminations, est devenu IDENTITÉ, qui postule en réalité, avec une dose de cynisme, non la singularité de la personne, mais l'uniformité de groupe, commune à tous au sein du groupe auquel chacun est assigné par la naissance :
« Des jumeaux identiques, mais non pas en maigres groupes de deux ou trois, comme aux jours anciens de reproduction vivipare, alors qu'un œuf se divisait parfois accidentellement, mais bien par douzaines, par vingtaines, d'un coup. […]
Quatre-vingt-seize jumeaux identiques faisant marcher quatre-vingt-seize machines identiques !
Douze prêts à être réunis en un, attendant de se rapprocher, de se fondre, de perdre en un être plus grand leurs douze identités distinctes. […]
Le cauchemar de cet essaim d'identité que rien ne permet de distinguer … des jumeaux, des jumeaux. »
FRATERNITÉ, qui postule l'intelligence collective, au-delà même et en plus de la solidarité et de la cohésion, est devenu STABILITÉ, qui postule un « vivre ensemble » abstrait, décrété et imposé, qui n'est ni spontané ni issu des personnes, mais fabriqué artificiellement :
« Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu'ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu'ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l'aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n'ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance de la passion et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n'ont pas d'épouses, pas d'enfants, pas d'amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s'empêcher de se conduire comme ils le doivent. »
Un détail du « Meilleur des Mondes » me semble ne pas avoir été souvent relevé et commenté : l'an 1 de l'ère nouvelle est celui de la mise sur le marché du premier modèle de Ford T, soit 1908, mais l'action du roman, alors que l'État Mondial s'est pleinement réalisé, se passe seulement en 632 de l'ère nouvelle, soit en 2540 de notre ère, ce qui peut nous sembler encore bien éloigné, ainsi que le commentait Aldous HUXLEY dans sa préface à la réédition de son livre en 1946, tout en affirmant qu'en l'espace de 15 années depuis son écriture, la société lui paraissait avoir évolué et s'être rapprochée de l'État Mondial bien plus vite qu'il l'avait d'abord imaginé et en avançant que son Utopie pourrait s'être réalisée non dans six siècles, mais dans un seul siècle.
Le détail auquel on a moins prêté attention jusque là, c'est que la « Guerre de Neuf Ans » de son roman, qui a ouvert la voie à l'instauration de l'État Mondial, a eu lieu de l'an 141 à l'an 150 de l'ère nouvelle, soit de l'an 2049 à l'an 2058 de notre ère : c'est bien proche et cela fait d'autant plus frémir qu'à l'échelle mondiale, nous sommes plongés depuis quelques années dans une atmosphère générale de plus en plus intrusive et belliqueuse, ceci précisément du fait des quelques États dits « grandes puissances » qui prétendent régenter la planète entière.
Voir la guerre en Ukraine depuis février 2022 : déjà, la « Guerre de Neuf Ans » ?
« Créoles », « apatrides » et « patrides », trois visions de la société humaine rivalisent aujourd'hui dans notre pays. Bien sûr, résumer une vision humaine dans la sécheresse et la brutalité d'un seul mot est aussi réducteur que caricatural et les nuances qui les distinguent sont beaucoup plus fines, mais il me semble que l'essence de la fracture de notre société est de cette nature et que le reste en est le fruit.
Si l'on y réfléchit bien et si l'on va au-delà du langage politicien habituel pour essayer de comprendre les ressorts de la pensée et de la division des français, il me semble que tout découle du regard porté par chacun sur la société humaine.
« Créoles » sont ceux pour qui la « socio-biodiversité humaine » n'est pas une réalité vécue mais une pure création abstraite et sociétale, un inconvénient, voire un danger, d'où l'idée et l'objectif de brassage, de mélange, de métissage, etc. afin de masquer autant que faire se peut les différences culturelles, sociétales, de préoccupations et de mode de vie, et très accessoirement ethniques, entre les peuples.
Ce pourrait être intellectuellement rassurant, voire même porteur de paix, si les différences n'étaient pas réelles et ancrées, donc têtues, et si cela correspondait à la réalité vécue de la part des sociétés autres que la nôtre, qui ne ressentent « malheureusement » aucun besoin d'effacement d'elles-mêmes pour se fondre dans la nôtre, ni dans une uniformité globale. La réalité de l'humain charnel n'est pas celle-là, c'est donc sans issue.
« Apatrides » sont ceux qui apprécient la société et son évolution essentiellement au travers de facteurs matériels et quantitatifs : la richesse, la production, le PIB, la quantité en général. Ils ne sont pas apatrides en termes de passeport, ils peuvent même au contraire volontiers en détenir plusieurs, car cela n'a pour eux guère plus de valeur qu'une sorte de franchise commerciale et de droit de tirage sur des avantages dans tel ou tel pays, ce qui peut toujours être utile.
Ce sont des apatrides de l'humain, ego-centrés et narcissiques, l'humain d'autrui ne les intéresse et ne les détermine pas beaucoup.
« Patrides » sont ceux pour qui l'humain est premier et pour qui la « socio-biodiversité humaine » n'est pas un inconvénient ni un vain mot, mais une richesse, un bien très précieux à préserver et même à développer et valoriser : la diversité humaine est multiple, elle n'est largement pas qu'ethnique, ce facteur est d'ailleurs parfaitement second, quoi qu'il soit le plus immédiatement visible.
C'est cette « socio-biodiversité » qui fait la richesse de la société humaine, car « l'ennui naquit un jour de l'uniformité ». Que serions-nous si nous étions tous pareils, serions-nous plus en paix et plus heureux ? Contraindre la diversité humaine, vouloir la réduire à une sorte de macédoine industrielle sans goût, c'est renoncer à l'intelligence.
« On ne résout pas un problème…
avec les modes de pensée qui l'ont engendré ! »
Albert EINSTEIN
La solution du « petit jeu du Développement Durable » destiné à solliciter la sagacité du lecteur est très simple.
Pour joindre les neuf points au moyen de lignes droites et sans lever le crayon du papier, il faut juste :
« Oser sortir du cadre »

En l'occurrence, partant de l'un quelconque des 4 angles, il faut :
Procédant de la sorte, de façon libre, heuristique et créative, vous avez cherché de nouvelles relations, vous vous êtes affranchi du cadre de pensée habituel, qu'auparavant vous présumiez certainement imposé et immuable :
Vous avez fait preuve d'Intelligence !

Issu du verbe latin « intellego » (« inter » = « entre, parmi, au milieu », conjugué à « lego » = « je lis, je recueille »), ce mot caractérise la capacité qui consiste à savoir « lire le monde entre les lignes », et à comprendre « ce qui le fait marcher », et, contrairement à ce que l'on croit ou dit souvent, nullement à décrocher des diplômes brillants, ce qui requiert des capacités non pas intellectuelles, mais cognitives.
L'intelligence concentre tout l'enjeu du Développement Durable.
Un cerveau brillant peut être parfaitement inintelligent !
C'est notamment tout le risque induit par le formatage sociétal…
Notre monde demeure régi par la pensée du XXe siècle, il demeure pour l'essentiel dirigé par des générations qui le dirigeaient déjà au XXe siècle et qui le « lisent » toujours comme au XXe siècle.
Espérant résoudre les problèmes qu'elles ont créés avec le mode de pensée qui les a créés, ces générations perpétuent sans les mettre en cause les méthodes qu'elles estiment avoir été efficaces et probantes au XXe siècle, soit précisément celles qui ont conduit à tous les déséquilibres et désordres que nous connaissons aujourd'hui.
Il se comprend dès lors que toute forme d'intelligence différente du monde soit refoulée et combattue par ces générations.
Déjà déconsidérée par la désastreuse politisation de la pensée dite « écologiste » à laquelle elle est improprement assimilée, la pensée du vrai Développement Durable peine à s'imposer à cause de sa différence et de sa nouveauté, qui percutent de plein fouet la pensée dominante.
« Les braves gens n'aiment pas
que l'on suive une autre route qu'eux ! »
Georges BRASSENS (« La mauvaise réputation »)
Pour sortir de l'ornière dans laquelle la société se trouve, l'Homme ne peut plus se dispenser d'écouter les « rêveurs irréalistes ».
Alors inspiré par la toute récente tragédie nucléaire de FUKUSHIMA, l'écrivain japonais Haruki MURAKAMI a prononcé un remarquable discours à Barcelone le 9 juin 2011 à l'occasion de sa réception comme lauréat du 23ème Prix International de Catalogne, qui salue une fois l'an une contribution de haute exigence éthique et humaniste au développement humain.
Les lignes qui suivent sont extraites de ce discours :
En japonais, il existe le terme « mujō » (無常).
Mujō signifie que rien n'est permanent et qu'aucun état ne dure éternellement : toutes les choses qui existent en ce monde finissent par disparaître, tout change constamment. Il n'existe pas d'équilibre éternel, ni rien de suffisamment immuable sur lequel nous pouvons nous appuyer pour toujours.
Après la seconde guerre mondiale, la politique de reconstruction du Japon était axée autour de deux idées centrales : remettre sur pied l'économie et renoncer à la guerre. Quoi qu'il arrive, nous n'aurions plus jamais recours aux forces armées, nous deviendrions économiquement prospères et nous chercherions la paix : ces idées étaient devenues les nouvelles lignes directrices de la nation japonaise.
Les mots suivants sont gravés sur le monument aux morts dédié aux victimes de la bombe atomique à Hiroshima :
« Reposez en paix … nous ne répéterons pas les mêmes erreurs »
Ce serait merveilleux si nous pouvions bâtir ensemble une « maison de rêveurs irréalistes » et former une « communauté d'esprit » qui transcenderait les frontières et les cultures. Je pense que cela pourrait être le point de départ d'une renaissance, après les divers désastres et les terreurs injustifiées que nous avons tous connus ces dernières années.
Nous ne devons pas avoir peur de rêver.
Nous ne devons jamais permettre à ces chiens enragés appelés « efficacité » et « commodité » de nous rattraper.
Nous devons être des « rêveurs irréalistes » qui avancent d'un pas sûr : les êtres humains meurent et disparaissent, mais l'humanité reste, elle se renouvelle indéfiniment, nous devons absolument croire à cette force.

L'ouvrage de référence sur la Construction Passive en France.
Une vision directrice, trois livres
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Autour de Talloires & du lac d'Annecy

Traduction complète et commentée du « Coutumier » de l'abbaye de Talloires, manuscrit en latin en 1568.

Artistes et historiens réunis autour de l'abbaye millénaire.

Un regard intime et sensible sur l'un des plus beaux villages du lac d'Annecy.
À paraître
Guide du Maître d'Ouvrage · Confort climatique et thermique, économie d'énergie
Basée sur la physique du bâtiment, la Construction Passive assure un confort climatique et sanitaire inconnu dans les bâtiments conventionnels, sans complexité technologique ni surcoût justifiable. Pensé par un Maître d'Ouvrage pour les Maîtres d'Ouvrage, cet ouvrage vise à leur donner les moyens d'être réellement maîtres de leur ouvrage.

L'histoire de Talloires retracée par Christiane Boekholt au fil de 35 lettres périodiques.

Onze légendes évoquent l'âme et l'identité du lac d'Annecy.
Ingénieur civil des Mines, diplômé de l'Institut d'Administration des Entreprises de Paris-Panthéon-Sorbonne et de l'Institut Dale Carnegie, Jean-Loup BERTEZ est guidé depuis toujours par une double passion : la connaissance et la transmission.
Né en 1950 à Lille, il a traversé toutes les grandes mutations de la fin du XXe siècle — des Trente Glorieuses aux dérèglements des années 1980-2000. Successivement ingénieur conseil en banque, stratège international au Battelle Memorial Institute à Genève, gestionnaire de portefeuille de capital-développement à la Banque Paribas Suisse, puis pionnier du e-learning « métier » en France, son parcours est celui d'un penseur systémique refusant les cloisonnements disciplinaires.
En 2006, un projet personnel de construction le conduit à découvrir la Construction Passive. Il en devient l'un des principaux promoteurs en France : fondateur de Zen&rgie, administrateur de La Maison Passive France, responsable CLIMALP pour la CIPRA France, et co-fondateur en 2012 de la Fédération Française de la Construction Passive. Son ouvrage Habitat Durable, l'évidence de la Construction Passive (Gallimard-Alternatives, 2017) reste la référence française sur le sujet.
Profondément attaché à Talloires et au lac d'Annecy, où il réside, il a co-fondé plusieurs associations citoyennes locales et co-signé — ou édité en tant que micro-éditeur — plusieurs ouvrages sur l'histoire et les légendes de ce territoire exceptionnel.
Mémoires d'un BabyBoomer est l'aboutissement de ce parcours : le témoignage d'un ingénieur-citoyen qui a observé et vécu la lente transformation de la société française — et qui reste, fondamentalement, « un gars positif ».
Repères biographiquesLa News des Mines, n°178, avril 2025.
Interview de Jean-Loup BERTEZ (E70) par Laurent Courdavault (E85). Une conversation sur 50 ans de carrière, la Construction Passive, et les raisons de rester résolument positif dans un monde qui change.
Lire l'interview complèteÉcole Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne · Promotion 1970
« La News des Mines » est une newsletter éditée depuis 2007 par INTERMINES, le réseau de services et d'échanges commun aux ingénieurs issus des trois prestigieuses Écoles Nationales Supérieures des Mines (Paris, Saint-Étienne et Nancy).
Bravo pour ce remarquable ouvrage, que j'ai lu, et même relu pour certaines parties, avec plaisir, intérêt, passion presque. Vous présentez de façon détaillée des notions originales qui suscitent l'intérêt du lecteur, non sans humour par moments.
Cet ouvrage se lit comme un roman, mais il ne faut surtout pas le lire « en travers ». Chaque mot est choisi pour être le bon, tout est pesé, le français est excellent. C'est donc bien agréable en plus d'être très instructif.
Un diagnostic d'une lucidité mordante et d'une sagesse réconfortante.
Un ouvrage tout à fait d'actualité pour stimuler la réflexion de l'honnête homme de notre époque.
J'ai terminé la lecture de ce livre. Je croyais être seul et isolé à penser un certain nombre de choses qui pourtant me paraissent de bon sens… finalement, nous sommes au moins deux !
L'auteur offre une réflexion profonde, nourrie par une analyse rigoureuse et une véritable empathie pour ses concitoyens. Il démontre de façon très claire et justement documentée les dérèglements accumulés depuis cinquante ans.
Pour toute question sur mes livres, une demande de dédicace, l'acquisition d'ouvrages en vente directe (Talloires et environs), ou simplement pour partager une réflexion après lecture — je réponds personnellement à chaque message.
Croire et oser
« Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne nous engageons pas, c'est parce que nous ne nous engageons pas qu'elles sont difficiles ! »
(SÉNÈQUE, Lettre morale à Lucilius n°104)
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